Quel texte s’applique à quel réseau ?
Le mot « gaz » ne suffit pas. L’usage du bâtiment, les limites physiques de l’installation, le fluide, la pression et la puissance déterminent le référentiel.
| Situation | Socle principal | À retenir |
|---|---|---|
|
Habitation individuelle ou collective
installation intérieure |
Arrêté du 23 février 2018 modifié + guides CNPG approuvés, notamment IG et AAS | Pression intérieure ≤ 4 bar, règles de pose, coupures, essais et certificat de conformité. |
| ERP (restaurants, hôtels, écoles…) | Règlement de sécurité ERP, chapitre GZ dans sa version entrée en vigueur le 1er janvier 2026 + dispositions particulières du type d’ERP | Implantation, coupures, ventilation, équipements, vérifications et registre de sécurité. |
| Bureaux / tertiaire / chaufferies | Textes bâtiment et chauffage, notamment arrêté du 23 juin 1978 lorsque son champ s’applique, plus règles gaz/ERP éventuelles | La puissance, la chaufferie, la ventilation et la destination du bâtiment changent les exigences. |
| Petit local industriel / atelier | Étude de risques, Code du travail, prescriptions du site, NF EN 15001 selon son domaine et éventuelles règles ICPE/ATEX | Pour chaudière, four, cabine ou procédé : identifier puissance, pression, débit, ventilation, coupures et sécurité brûleur. |
| Équipement sous pression | Directive 2014/68/UE transposée + Code de l’environnement et arrêté du 20 novembre 2017 selon classement | Évaluation de conformité, assemblages permanents qualifiés, dossier et suivi en service peuvent s’ajouter. |
| Distribution / transport public | Code de l’environnement + arrêtés dédiés aux canalisations de distribution ou de transport | Hors du simple régime d’installation intérieure : exploitant, travaux à proximité, habilitations et procédures propres. |
Comprendre 20/21 mbar et 600 mbar
La pression doit toujours être lue sur le contrat de livraison, la plaque du poste et les données du distributeur. Une habitude de chantier ne suffit pas pour dimensionner ou éprouver le réseau.
20/21 mbar — alimentation finale
La pression usuelle des appareils gaz naturel est généralement voisine de 20 ou 21 mbar selon la manière de la désigner et le gaz distribué. Le dimensionnement est sensible aux pertes de charge : les diamètres deviennent vite importants sur une longue distance ou un fort débit.
Confirmer la pression minimale exigée à l’entrée de la rampe brûleur.
300 à 600 mbar — transport sur le site
Une pression intermédiaire permet de transporter le même débit avec une canalisation souvent plus petite. GRDF documente couramment une livraison à 300 mbar ; une valeur de 600 mbar peut exister dans un projet ou sur un autre réseau, mais doit être confirmée par l’exploitant.
Une seconde détente est alors nécessaire avant les appareils prévus pour 20/21 mbar.
Seuil réglementaire de 400 mbar
À 600 mbar, l’installation dépasse le seuil de 400 mbar. En ERP, depuis le 1er janvier 2026, des dispositions complémentaires concernent notamment le parcours, les matériaux, les matériels et les assemblages. En habitation collective, une coupure automatique sur sur-débit est prévue au-dessus de 400 mbar.
Il faut donc traiter 600 mbar comme un cas renforcé, pas comme du 20 mbar avec un autre manomètre.
Lire correctement une désignation matière
Une norme de produit ne rend pas à elle seule un composant acceptable. Il faut vérifier son domaine d’emploi, la pression, le mode de pose, la compatibilité gaz, le marquage et le dossier de conception.
| Famille | Références courantes à vérifier | Lecture / usage | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Acier carbone | NF EN 10255 (tubes filetés/soudables) ; NF EN 10216-1 ou 10217-1 selon tube sans soudure ou soudé ; autres normes selon code | Ex. P235TR1 : acier pour service sous pression, limite minimale liée au grade. | Ne pas mélanger série, diamètre extérieur et épaisseur. Protection anticorrosion et compatibilité du filetage indispensables. |
| Raccords acier à souder | NF EN 10253, partie adaptée au matériau et au service | Coude, té, réduction : DN, diamètre extérieur, épaisseur, angle, rayon et nuance doivent être commandés. | Type A/B, résistance à la pression et correspondance avec le tube doivent être validés par le calcul/projet. |
| Cuivre | NF EN 1057 pour tubes ; NF EN 1254, partie correspondant au raccord | Désignation par diamètre extérieur × épaisseur, ex. 22 × 1 mm. | Mode d’assemblage, dureté du tube, pose, protection et limitations du régime gaz. |
| Polyéthylène extérieur enterré | NF EN 1555 (systèmes de canalisations PE pour gaz) | Ex. PE100, SDR 11 : SDR = diamètre extérieur / épaisseur nominale. | Réservé aux parcours autorisés. Interdit à l’intérieur des bâtiments d’habitation et en aérien sauf exception encadrée ; transition PE/métal avant la pénétration selon conception. |
| Inox / flexibles | Norme produit et système correspondant à l’usage prévu | Seulement si le système est reconnu par le référentiel applicable et la notice fabricant. | Ne jamais substituer « parce que c’est inox ». Vérifier raccords, joints, mise à la terre/liaisons et feu. |
| Robinets, détendeurs, régulateurs | Norme produit, marquage et performances exigés par le régime | Gaz, pression amont/aval, débit, plage, sens, température, sécurité de sur/sous-pression. | Accessibilité, ventilation, évent, protection, maintenance et position de sécurité. |
Marquage à contrôler à réception
- Fabricant, norme et nuance/grade.
- Dimensions : DN ou diamètre extérieur, épaisseur, SDR/série.
- Lot ou coulée, date et traçabilité avec certificat.
- Pression/diamètre/compatibilité gaz des accessoires.
- Absence de choc, corrosion, ovalisation ou contamination.
Certificat matière
Pour les tuyauteries industrielles ou sous pression, le projet peut exiger un document de contrôle selon NF EN 10204, souvent 3.1. En installation gaz de bâtiment, la conformité des matériels et le certificat réglementaire de l’installation ne doivent pas être confondus avec un certificat matière 3.1.
Le niveau documentaire est fixé par le code de construction, le CCTP, le classement éventuel et le plan qualité.
Souder, braser ou raccorder mécaniquement ?
Acier soudé
TIG 141, ARC 111 ou autre procédé selon épaisseur, position et matériau. Préparation, purge éventuelle, consommables, préchauffage et contrôles sont fixés par le mode opératoire.
En collectif habitation, l’attestation d’aptitude spécifique au mode d’assemblage et au matériau est exigée en aval de l’OCG.
Cuivre brasé
Brasage tendre, fort ou soudo-brasage ne sont pas interchangeables. La brasure tendre est interdite pour les installations collectives d’habitation et dans d’autres cas fixés par le référentiel.
Choisir métal d’apport, jeu, préparation et température selon matériau, diamètre et domaine.
Mécanique / PE
Raccords filetés, à sertir ou électrosoudables uniquement s’ils sont admis dans le domaine concerné. En habitation, bicônes/olives, filasse et rubans d’étanchéité sont interdits.
Respecter l’outillage, le joint, le couple, le fabricant et la compétence opérateur.
| Document | Ce qu’il prouve | Contrôle chantier |
|---|---|---|
| Qualification / attestation opérateur | Compétence dans un domaine : procédé, matériau, diamètre, épaisseur, position, type d’assemblage. | Validité, continuité et couverture exacte du joint à réaliser. |
| DMOS / WPS | Instruction de soudage à appliquer : paramètres, préparation, consommables, passes, températures. | Bonne révision disponible au poste et comprise par le soudeur. |
| QMOS / WPQR | Qualification du mode opératoire par essai et contrôles. | Domaine de validité compatible avec matériau, diamètre et épaisseur. |
| Plan de contrôle | Étapes, critères, responsables et points d’arrêt. | VT avant/pendant/après, CND prévus, enregistrements signés. |
Un diamètre ne se choisit pas dans un tableau unique
Le calcul doit garantir le débit aux appareils sans dépasser la perte de pression admissible, tout en vérifiant vitesse, bruit, simultanéité, pression disponible, détente et conditions extrêmes.
Dimensionnement
- Inventaire et puissance de chaque appareil.
- Coefficient de simultanéité justifié.
- Longueurs réelles et longueurs équivalentes des singularités.
- Perte de charge maximale autorisée par le référentiel/distributeur.
- Diamètre intérieur réel lié au tube et à son épaisseur.
- Cas de démarrage, débit minimal et stabilité du régulateur.
Implantation
- Canalisation visible ou rendue visitable selon les règles.
- Protection contre chocs, corrosion, chaleur, UV et mouvements.
- Traversées, fourreaux et calfeutrements compatibles feu.
- Éloignement des réseaux électriques et absence d’usage comme terre.
- Supportage sans contrainte sur appareils ni raccords.
- Repérage du fluide, sens et organes de coupure.
Ventilation et combustion
La ventilation n’est jamais une valeur générique à recopier. Elle dépend du local, du type d’appareil, de la puissance, de l’amenée d’air comburant, de l’évacuation des produits de combustion, du gaz et du texte applicable. Pour une chaufferie entrant dans le champ de l’arrêté du 23 juin 1978, une ventilation permanente basse et haute est notamment prévue. Les ouvertures ne doivent pas être obturées.
Coupure, détente, régulation et détection
Organes de coupure
OCG, OCI, OCS, OCA ou coupures industrielles selon le régime. Ils doivent être accessibles, identifiés, manœuvrables et placés aux emplacements réglementaires.
Détendeur 600 → 20 mbar
Choix par pression amont minimale/maximale, débit minimal/maximal et dynamique des brûleurs. Prévoir filtre, sécurités, évent, accessibilité et conditions de réarmement selon conception.
Sécurités
Sur-débit, surpression, sous-pression, défaut flamme, manque d’air ou arrêt d’urgence selon installation. Toute logique doit être testée et documentée.
Détection gaz
Pas automatiquement obligatoire partout. Lorsqu’elle est prévue : capteur adapté au gaz, emplacement issu de l’étude, alarmes, asservissements et maintenance périodique.
Essais de résistance et d’étanchéité
Procédure minimale
Plan isométrique, limites d’essai, obturations, consignation, risques, étalonnage des instruments.
Contrôle visuel, supports, assemblages, accessibilité et conformité des composants.
Montée contrôlée, stabilisation, surveillance et enregistrement selon procédure.
Méthode compatible ; jamais de flamme. Contrôle des joints et organes.
PV avec circuit, pression, durée, température si utile, appareils, résultats, réserves et signatures.
Contrôles soudage
- VT : préparation, pointage, passes et état final.
- PT ou MT : défauts débouchants/surface selon matériau.
- RT ou UT : contrôle volumique si plan de contrôle.
- Critères d’acceptation issus du code/contrat.
- Réparations selon procédure approuvée puis nouveau contrôle.
Un essai d’étanchéité ne remplace pas les CND exigés ; les CND ne remplacent pas l’essai final du réseau.
Traçabilité, mise en service et maintenance
Avant travaux
- Régime et limites définis.
- Plans, note de calcul, analyse de risques.
- Liste composants et certificats attendus.
- Qualifications, DMOS/QMOS si requis.
- Plan de contrôle et procédure d’essai.
- Consignation et permis feu.
Dossier de fin de travaux
- Plans « tel que construit » et repérage.
- Bordereau matière, certificats, lots/coulées.
- Carnet de soudures et identification opérateurs.
- Rapports VT/CND et PV d’essais.
- Réglages et essais de sécurités.
- Certificat de conformité/rapport réglementaire applicable.
Exploitation
- Procédure de mise en gaz et purge sécurisée.
- Instructions d’urgence et coupures repérées.
- Contrôles périodiques et maintenance fabricant.
- Vérification ventilation, corrosion et supports.
- Essais périodiques des alarmes/asservissements.
- Mise à jour après toute modification.
12 erreurs fréquentes à éviter
- Appliquer le DTU habitation à une tuyauterie industrielle.
- Commander seulement « DN 50 » sans diamètre ni épaisseur.
- Souder sans vérifier le domaine de la qualification.
- Confondre certificat matière 3.1 et certificat gaz.
- Mettre du PE à l’intérieur d’un bâtiment.
- Cacher un raccord démontable dans une zone interdite.
- Utiliser filasse, ruban ou bicône là où ils sont interdits.
- Neutraliser ou réduire une ventilation permanente.
- Rendre une vanne de coupure inaccessible.
- Éprouver à une pression copiée d’un autre chantier.
- Mettre en gaz sans PV, certificat ou autorisation requis.
- Modifier le réseau sans mettre à jour plans et dossier.
Questions courantes des clients et soudeurs
Textes officiels et référentiels
Liens consultés pour cette page. Les normes AFNOR sont citées comme référentiels techniques : vérifier l’édition en vigueur et celle rendue contractuelle par le marché.
- Cegibat/GRDF — livraisons usuelles à 21 ou 300 mbar
- Cegibat/GRDF — réglementation et implantation des chaufferies
- CNPG — guides IG, SPE et AAS en vigueur
- Référentiels à confirmer : NF DTU 61.1, NF DTU 65.4, NF EN 1775, NF EN 15001, NF EN 13480, NF EN ISO 9606-1, NF EN ISO 15614-1, NF EN 10204 et normes produits.
Mise à jour éditoriale : 29 août 2026. En cas d’écart, le texte officiel consolidé, la décision administrative, le CCTP et le référentiel contractuel priment.
Préparer l’intervention avant la première soudure
Transmettez le gaz, la pression, les plans, les diamètres, le régime du bâtiment, le CCTP et les contrôles attendus pour vérifier la faisabilité et les qualifications nécessaires.